Série Congrès de Tours – Episode 14 – Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz – 1946 – Seuls contre tous – comme d’habitude – les communistes créent la Sécu !

Publié le 22 mars 2021

Entre novembre 45 et janvier 46, le ministre du travail Ambroise Coizat finalise et impose Sécurité Sociale, Retraites par répartition, Caisses d’Allocations Familiales, etc… Marcel Paul (production industrielle) impose nationalisations et statuts des cheminots, électriciens et gaziers …

On nous raconte qu’après avoir lutté ensemble contre les nazis, tous les partis politiques, main dans la main avec de Gaulle, auraient créé la Sécu en 45 : C’est une légende. La Sécu, les communistes l’ont imposée en 1946, seuls contre tous …

Malgré leur rôle majeur dans la Résistance, les communistes n’ont aucune responsabilité dans le premier gouvernement de Gaulle. Mais le Général est obligé de leur donner quelques postes après le succès des rouges aux élections d’octobre 1945. Notamment le ministère du travail au communiste et membre de la CGT unitaire Ambroise Croizat, qui va, entre autres choses, habilement imposer une véritable Sécurité Sociale, qui jusque là, n’était qu’un vague projet de retour à la situation d’avant-guerre.
Tous les partis politiques sont viscéralement contre la Sécu selon Croizat. Y compris la SFIO (PS de l’époque) qui est cul et chemise avec le MRP (Machine à Ramasser les Pétainistes). Comme d’habitude, le PC et la CGT sont seuls contre tous. En face, on complote avec les américains pour affaiblir la CGT réunifiée. Devenus minoritaires, les cégétistes confédérés de Léon Jouhaux préparent une nouvelle scission, et la création du « syndicat » Force Ouvrière, financé par la CIA et des patrons français

Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite à l’Université Paris VII.
Auteure, notamment de Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants.

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Série Congrès de Tours – Episode 13 – Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz – 1945 – 1947 – Force Ouvrière : « Syndicat » créé par la CIA et les patrons

Publié le 15 mars 2021

Irving Brown, « syndicaliste » de l‘AFL, et espion de la CIA, qui – avec le patronat et l’Etat français – finance la CGT-Force Ouvrière dirigée par Léon Jouhaux. « Contre toute emprise politique » … sauf celle de l’impérialisme étasunien. Objectif : Affaiblir la CGT.

Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite à l’Université Paris VII.
Auteure, notamment de Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants.

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Série Congrès de Tours – Episode 12 – Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz – 1944 – AMGOT : France, colonie américaine … avec Vichy

Publié le 8 mars 2021

Francs imprimés aux USA pour l’AMGOT : Allied Military Government of Occupied Territories. Pas de « République française » sur le billet.
Casablanca 1943 : Giraud, poulain de Roosevelt qui déteste de Gaulle lui même à peine soutenu par Churchill.

L’impérialisme étasunien a prévu de traiter la France comme un pays vaincu, une colonie dont les administrateurs seraient les cadres de Vichy, qui restent en place. Annonce que la métropole ne sera pas épurée de ses traitres et collabos. Projet de l’AMGOT : Allied Military Government of Occupied Territories, appliqué en Afrique du Nord après le débarquement de 1942.
Le Général Giraud est la marionnette prévue par Roosevelt, qui déteste de Gaulle, lui même mollement soutenu par Churchill. Les alliés n’en sont pas. Les occidentaux haïssent l’URSS, vainqueure militaire du IIIème Reich. Les USA veulent s’approprier les empires coloniaux britannique et français…
Giraud éliminé, de Gaulle garantit aux américains et à la grande bourgeoisie industrielle et bancaire française, que la France ne sera pas épurée.


Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite à l’Université Paris VII. Auteure, notamment de La non-épuration en France.

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Série Congrès de Tours – Episode 11 – Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz – 1945 – Sabotage du Procès Pétain – Mythe errant de la « vichysto-résistance »

Publié le 1 mars 2021

Mitterrand, jeune fasciste, dans des manifestations d’extrême-droite de 1935. Décoré de la francisque par Pétain en 1943.

Vichysto-résistance ? Concept récemment forgé de toutes pièces dans les années 80-90, dans le cadre d’une réhabilitation de Vichy et de Pétain.

La fable de la vichysto-résistance émerge dès le Procès Pétain de 1945. Pétain était initialement accusé de haute trahison, d’intelligence avec l’ennemi … Pétain était le chef du groupe terroriste d’extrême-droite La Cagoule, bras armé de la Synarchie (qui, parait-il, n’existe pas).
Mais au procès, de trahison, l’accusation glisse à « simple » collaboration.

Après s’être servi de la résistance des communistes pour exister, de Gaulle garantit la non-épuration et le status-quo aux Américains et à la bourgeoisie française. L’ennemi reste le rouge.

On continue avec l’essentiel des cadres de Vichy. Petits et gros collabos restent en place. Dans la police et la magistrature, comme dans la haute bourgeoisie industrielle et bancaire. (A part quelques exemples comme Renault, passé à la savonnette à vilain).

Un petit jeune homme d’extrême-droite, proche de la Cagoule et de l’Action française, sert si bien Vichy qu’en 1943, le Maréchal Pétain le décore de la Francisque. Après-guerre, le jeune homme est protégé et financé par le gros collabo Eugène Schueller, fondateur de l’Oréal. En 1971, le gars devient chef du Parti Socialiste. Ce jeune homme n’a laissé aucune trace de résistance dans les archives. Il s’appelait François Mitterrand. Il paraît que c’était un grand homme de gôôche.

Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite à l’Université Paris VII. Auteure, notamment de La non-épuration en France.

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Série Congrès de Tours – Episode 10 – Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz – 1943 – Jean Moulin … Trahi par un « résistant »

Publié le 23 février 2021

Jean Moulin paie de sa vie son oeuvre d’unification de la Résistance au profit de de Gaulle. Certains ne pardonnent pas à Moulin d’avoir reconnu les communistes qui de 41 à 43 sont quasiment les seuls résistants actifs. Sans eux, De Gaulle n’est rien. Et chez les FTP communistes : de très nombreux étrangers, notamment des anciens des Brigades Internationales

L’essentiel de la résistance française active est communiste : FTP : Francs Tireurs Partisans qui comptent de très nombreux étrangers dans leurs rangs. Jean Moulin – l’émissaire de de Gaulle – sait que sans les rouges, le Général ne pèse rien face aux alliés. Moulin convainc les communistes de se joindre à de Gaulle. En contrepartie, les communistes, majoritaires, dictent le Programme du CNRConseil National de la Résistance. CNR auquel se joignent aussi de très tardifs « résistants », voire d’anciens vichystes et collabos qui veulent se blanchir pour la Libération.

Mais Moulin paye de sa vie l’unification de la Résistance. Car certains « résistants » de fraîche date sont viscéralement anticommunistes. Jean Moulin est trahi et balancé aux nazis par René Hardy, membre de Combat, tardif mouvement de « résistance » anti-rouge et anti-gaulliste, financé par les USA.

Car partout en haut lieu, on comprend dès l’été 1941 que l’Allemagne va perdre la guerre et que le monde d’après sera sous domination étasunienne. Mais avant leur défaite, les nazis veulent assassiner un tas de gens, dont les communistes. En 1943, des tractations s’engagent alors entre nazis et Américains …

Trahi par un « résistant », l’admirable Jean Moulin sera accompagné au Panthéon par … Mitterrand, ex-vichyste décoré par Pétain.

Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite à l’Université Paris VII.
Qui fait notamment la lumière sur l’affaire Moulin dans son ouvrage La non-épuration en France.

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