Bernard Friot – Prenons le contrôle de nos vies. Échappons à la tyrannie capitaliste.

Publié le 3 janvier 2022

Pancarte dans la manif du 1er mai 2021.

Dans de précédentes émissions, le philosophe et historien Bernard Friot nous a déjà dit penser qu’il faudrait en finir avec ces luttes défensives menant généralement à la défaite. Mais que serait donc « une lutte offensive » ?

Ce nouvel entretien avec Bernard a été réalisé pendant le premier confinement du printemps 2020. On ne le diffuse que maintenant, car cette conversation nous avait laissés sceptiques : Impression que Bernard était dans le « yaka-faut qu’on » reprenne le contrôle de nos vies… Mais apparemment sans nous donner de pistes concrètes pour prendre le pouvoir…

Et puis on s’est dit qu’on avait sans doute mal compris la pensée de notre ami… Alors pourquoi pas en reparler puisque nous serions dans « ce monde d’après » ? Où les logiciels politiques et philosophiques de nombre d’entre nous semblent sérieusement ébranlés…
François Bégaudeau en parle lui aussi, citant Friot dans son essai Notre joie.

Alors t’en penses quoi toi ? Et bonne année ! On les aura !

4 thoughts on “Bernard Friot – Prenons le contrôle de nos vies. Échappons à la tyrannie capitaliste.”

  1. Merci mon JBD pour cette belle émission !! Je partage largement la vision de ton invité, passionnant ce Bernard Friot…
    Je me suis même imaginé être cette demoiselle pour !! :-))

    La Biz CLm

  2. J’ai découvert Bernard Friot au séminaire Marx au XXIe siècle du regretté camarade Jean Salem. A l’époque le séminaire peinait à attirer des auditeurs et la séance de Bernard Friot dérogeait à la règle en réalisant salle comble. Ce petit culte m’avait plutôt rendu le personnage hostile mais son discours vise juste et a même tendance à se bonifier.

    J’en ai même recraché mon pastaga lorsque Bernard reproche aux directions leur servilité face au new public management qui les humilie car c’est un copier-coller de mon oral des IRA d’il y a 5 ans devant un jury médusé, mais dont les propos reflétaient mon analyse encore naïve de 6 ans de fonction publique. 6 ans plus tard, conditionné par le système, je me pensais incapable de reformuler une telle analyse, mais le discours de Bernard me conforte et me redonne l’envie de continuer le combat.

    L’analyse du monde du travail est très juste : grèves couteuses et inutiles sans aucunes perspectives que de faire grossir les égos et carrières de certains délégués syndicaux. Lean management (management par le vide et le changement) qui ne sert qu’à désorienter et empêcher tout collectif de s’organiser. Travail concret qui s’est substitué par une corruption passive dans l’espoir de salaires meilleurs quitte à maltraiter des collègues.
    Personne n’ose se poser la question de savoir qui est réellement productif dans nos sociétés occidentales, Bernard fait bien de rappeler que travailler contre son éthique est l’erreur majeur. Le coronavirus a montré que la société pouvait très bien tourner avec 20% de travailleurs et même les nantis pouvaient continuer de s’enrichir avec leur capital. Cela signifie que nous sommes 80% d’inutiles dans le système actuel.

    Vivement une suite où vous évoquerez peut être la question de la religion que traine Bernard comme un boulet auprès de certains camarades ?

  3. Slt je suis un grand partisan de tes émissions, merci pour toutes cette bonne culture anarchique et résistante.
    J’ai juste un petit peu de mal à concevoir que tu n’aies pas encore fait une émission sur le covid et les moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre?! On se trouve quand même au cœur de l’arnaque capitaliste du siècle, les écarts se creusent de plus en plus et on bouffe du sable.
    Bref en attente d’une bonne émission avec un sujet actuel et traité comme tu le fais toujours. 🙂

  4. Bernard Friot est surtout économiste, sociologue et spécialiste du travail et de la Sécurité sociale, et non philosophe et historien comme dit dans l’émission. Cela étant, je partage pleinement son analyse, ayant écouté beaucoup de ses conférences en ligne. Son enseignement, malgré une certaine finesse et complexité, pourrait nous permettre, s’il est bien interprété, de sortir de nos révoltes plaintives, et de nos « luttes défensives » afin d’affirmer le déjà-là révolutionnaire tout en s’appuyant sur les conquêtes révolutionnaires du passé, telle la Sécurité Sociale.
    Je ne crois pas au Grand Soir miraculeux. Il a fallu des siècles pour abolir le servage. Il en faudra tout autant pour se débarrasser du capitalisme. Et le travail, est en cours.
    La Révolution de 1789 n’est que le point final de tout un processus d’émancipation dont on parle peu. Elle ne s’est pas faite sur un mot d’ordre d’un syndicat à descendre dans la rue. Elle est le fruit d’une lutte de la bourgeoisie contre la noblesse pendant plusieurs siècles pour lui arracher le pouvoir. Comme ce que le prolétariat est en train de faire contre cette même bourgeoisie maintenant au pouvoir et gardienne du capitalisme.

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