Elites françaises 1940-1944 – Episode 2 – 1945 : Les collabos sont toujours en place

Publié le 13 décembre 2017

Suite de l’entretien avec Annie Lacroix-Riz, – Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII – autour de son livre « Les élites françaises entre 1940 et 1944 » – (Armand Colin).

L’Histoire officielle réduit la collaboration au tandem Pétain-Laval, et à quelques personnages pittoresques. Aujourd’hui, – contrairement à la libération -, on ne dit plus rien sur l’écrasante responsabilité des dirigeants économiques de la France qui collaborent avec les nazis bien avant l’occupation. Or, dès l’été 41, ces « élites » savent que le IIIème Reich perdra la guerre, et que face à l’URSS victorieuse, elles seront sous tutelle américaine.

Les USA ne sont pas regardants sur le passé collaborationniste des fonctionnaires, patrons et financiers de la France libérée. Un passif de collaboration est même un gage de servilité vis à vis des Américains. C’est ainsi que des milliers de collaborateurs, – des petits fonctionnaires jusqu’aux grands capitalistes – , poursuivront carrières et affaires : Papa et Tonton Giscard d’Estaing, Mitterrand, Papon, Bousquet… Et aussi Schueller (L’Oréal), Bettencourt, Chanel, Vuitton, Berliet, Michelin, Lafarge, Lesieur…

Grain de sable que les USA n’ont pas prévu : De Gaulle, soutenu par Churchill dans le but de ralentir l’inéluctable hégémonie étasunienne. De Gaulle est haï par presque tout le monde, notamment parce qu’il a fédéré toute la Résistance, dont les communistes. On ne le lui pardonnera pas : Probablement balancé à la Gestapo par des Français, Jean Moulin fait les frais de la haine contre le Général…

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