La Commune de Paris – Episode 4 – Histoire tabou … pour les riches

Couverture du 4ème tome de la série de BD  » Le Cri du Peuple  » par Tardi et Vautrin.

La bourgeoise au pouvoir contrôle programmes scolaires et médias. Les riches célèbrent certains personnages et événements. Et en enterrent d’autres :
Le dictateur Napoléon Bonaparte ? : Très bien. Pétain ? Finalement pas si pire … Et ces quarterons de généraux en retraite qui commémorent la tentative de putsch de 1961 ? Ne méritent-ils pas le très large écho médiatique dont ils ont fait l’objet ? L’Union Européenne ? : Formidable !

Mais la Commune de Paris ? : Pas bien du tout ! La Résistance française aux nazis ? : Des assassins à la solde de Moscou. Et le communisme français ? C’est très très mal … Même s’il a permis des conquêtes sociales comme la retraite ou la sécu
C’est ce qui se dit à la télé … et pire, dans les manuels scolaires … et parfois sur consigne de l’Union Européenne …

Avec les copains profs d’Histoire-Géo. Autour d’un article du Monde Diplomatique : Bienvenue au musée de la propagande européenne.

Intégralité de la série Commune de Paris : Ici.

La Commune de Paris – Episode 3 – 1870-1940 – Le choix de si étranges défaites

Guerre de 1870 : Trahison du Maréchal Bazaine, qui livre notamment Metz aux Prussiens.
1940 : Trahison du Maréchal Pétain. Même logique de classe : Quand les riches ont peur, ils pleurent dans des bottes étrangères. Prussiennes. Allemandes. Américaines. Ou les deux.

Quand elle se sent menacée par le peuple français, la bourgeoisie française a pour habitude de demander de l’aide à l’étranger.

1860-1870 : Napoléon III accorde quelques droits à la classe ouvrière. Ce qui effraie la bourgeoisie.
1870 : Pour conforter son pouvoir, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. L’armée française est commandée par le Maréchal Bazaine, pour qui le danger n’est pas l’envahisseur prussien, mais la classe ouvrière française. Trahison de Bazaine … Cette même logique de classe est à l’oeuvre dès les années 1920, avec la trahison de Pétain qui aboutit en 1940

Car comparé à l’impérialisme allemand ou étasunien, l’impérialisme français est faible. Notamment à cause de ce peuple français parfois très remuant …

Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite à l’Université Paris VII.

1871 – La Commune de Paris – Episode 2 – Populaire. Patriotique. Révolutionnaire.

Dessin de Tardi : A lire : Sa série « Le cri du peuple« .

1870 : La France perd lamentablement la guerre contre la Prusse. Il y a eu trahison dans l’état-major français. Napoléon III fuit. Fin du Second Empire. La bourgeoisie proclame la Troisième République et installe son gouvernement à Versailles. Les armées prussiennes cernent la capitale. Mais le peuple parisien résiste, et en mars 1871, proclame la Commune et son programme révolutionnaire.
La bourgeoisie française est plus effrayée par les Communards que par les Prussiens. Fin mai, une armée versaillaise écrase la Commune, avec l’aide de l’envahisseur prussien … Massacre de plus de 20 000 personnes, – hommes, femmes, enfants – , soit infiniment plus de victimes que la Terreur de 1793 n’en fit à Paris.
En 1871, comme en 1940, le populo est patriote, quand la grande bourgeoisie trahit la nation, avec complicité étrangère. L’oligarchie financière tente depuis d’étouffer le souvenir tabou de la Commune … dont on ne parle ni à l’école, ni dans les médias …

Avant la Commune de Paris – Episode 1 – 1789-1870 – Révolution capitaliste

Caricature de Daumier : 1870 : Fin du Second Empire de Napoléon III.

Elu Président de la Seconde République en 1848, Louis Napoléon Bonaparte fait un coup d’Etat en 1851. Il devient l’empereur Napoléon III. Il confirme son putsch avec des simulacres de plébiscites, devenus « bibiscites » dans cette caricature.


Avec ce Second Empire, la bourgeoisie conforte le pouvoir qu’elle a conquis avec la Révolution de 1789. Mais en 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Trahison dans l’état-major français, comme en 1940. Débacle française. Les Prussiens envahissent la France. Napoléon III fuit. Fin de l’Empire.


Création de la Troisième République, dont le gouvernement s’établit à Versailles. Paris est cernée et résiste aux prussiens : Résistance patriotique. Mars 1871 : Création de la Commune de Paris, expérience socialiste, anarchiste … Effrayé par son propre peuple, le gouvernement bourgeois de Versailles s’entend avec les Prussiens pour en finir avec les communards. Paris est cernée par les Prussiens, et sera attaquée par des Français.


L’armée des Versaillais qui écrase la Commune en mai 1871, est essentiellement composée de paysans comme ceux du dessin. Paysans parfois petits propriétaires depuis 1789, devenus réactionnaires, et auxquels on fait croire que les communards partageux vont leur prendre leurs terres …


La grande bourgeoisie manipule du populo des campagnes pour écraser du populo de la ville. Au moins 20 000 morts à Paris …

Série Congrès de Tours – Episode 15 – Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz – 1947 – 1948 – Les grandes grèves du désespoir

Images du film de 1948 : « La grande lutte des mineurs ». Après les chars nazis, des chars français occupent des mines et des corons.

Une mythologie officielle nous raconte que les grèves de 19471948 furent insurrectionnelles. Que téléguidés par Staline, les rouges auraient tenté de prendre le pouvoir par la force. Les archives démontrent que c’est faux.
De 1945 à 1947, le Parti Communiste est contre les grèves. Le PC est pour la production, pour la reconstruction : Pour l’indépendance vis à vis des USA qui n’ont pas renoncé à faire de la France leur colonie.
En 1947, pour déstabiliser les communistes, le patronat et la CIA poussent une partie de la classe ouvrière à entrer en grève, et manipulent la scission de la CGT. Devenus minoritaires dans la CGT, les confédérés scissionnistes de Léon Jouhaux montent Force Ouvrière, financé par la CIA et par le patronat.
En 1948, de nouvelles provocations patronales engendrent la grande grève des mineurs. Orchestrée par Jules Moch, – ministre de l’intérieur « socialiste » SFIO – , la répression est effroyable. Et tue …

Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite à l’Université Paris VII.
Auteure, notamment de Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants.

Intégralité de la Série Congrès de Tours : Ici.