Enfant d’ouvriers d’origine algérienne, M’Hamed Kaki est titulaire d’un CAP de couvreur et de quatre masters en sociologie et sciences politiques. Il participe à la fin de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, (appelée « Marche des beurs » par les journalistes de l’époque).
Il est l’auteur et l’interprète de la pièce de théâtre 17 octobre 1961, je me souviens.
Le 17 octobre 1961, c’est encore la Guerre d’Algérie. Une manifestation pacifique de Français.e.s d’origine algérienne est sauvagement réprimée par la police, en plein Paris : Probablement plus de 300 morts. Des milliers de blessés, d’arrestations. Des tortures. Des incarcérations dans des camps de la mort en Algérie … Pour M’Hamed Kaki, plus qu’un énième massacre colonial, cette répression du 17 octobre est un crime d’État …
15 Août 1944 : Les alliés débarquent en Provence. Des armées nazies qui évacuent le sud de la France, passent par Sorgues, petite ville du Vaucluse.
18 Août : Soudain, le flot des convois de la Wehrmacht qui traversent Sorgues s’interrompt. Silence sous le cagnard. Une longue colonne de plus de 700 prisonniers et prisonnières épuisé.e.s, en guenilles, très sévèrement encadrés par 180 soldats allemands à cran, arrive à pied des vignobles de Chateauneuf-du-Pape. Parmi ces misérables aux allures de bagnards : Un curé en soutane ! Un facteur et un gendarme français en uniforme ! Une quarantaine de marins de la Kriegsmarine eux aussi prisonniers en uniforme !
Qui étaient ces pauvres gens ? D’où venaient-ils ? Où allaient-ils ?
Les alliés ne sont alors qu’à quelques dizaines de kilomètres de là : Pourquoi les nazis donnent-ils priorité de passage à ce convoi de martyrs ? Plutôt qu’au repli vers l’Allemagne de de leurs propres troupes ?
2014 : 70 ans après, reportage avec Charles dans les rues de Sorgues…